Dernière mise à jour : 29 juillet 2026
Prépositions et déterminants : erreurs fréquentes
Erreurs de prépositions en français : la règle qui les explique, les quatre fautes les plus fréquentes et un mini-exercice corrigé pour les faire disparaître.

Les erreurs de prépositions en français ne viennent presque jamais d'un manque de vocabulaire : elles viennent d'une idée fausse, celle qu'on choisirait la préposition en fonction du sens. C'est l'inverse. La préposition est imposée par le mot qui la précède — un verbe, un nom ou un adjectif — et le déterminant, lui, dépend de ce que vous désignez et de la présence d'une négation. Cet article donne la règle, les cas d'emploi, les quatre fautes qui reviennent le plus, et un mini-exercice corrigé pour les faire disparaître.
Le cas d'emploi principal : la préposition appartient au verbe
C'est le cœur du sujet, et il explique à lui seul la majorité des fautes. Un verbe français se range dans l'une de trois familles, et cette famille ne se déduit d'aucun raisonnement : elle se mémorise.
Les verbes qui appellent « à » : réussir à, s'intéresser à, penser à, tenir à, participer à, répondre à, renoncer à.
Elle a réussi à convaincre son équipe en moins d'un quart d'heure.
Les verbes qui appellent « de » : décider de, essayer de, refuser de, se souvenir de, dépendre de, parler de, avoir besoin de.
Nous avons décidé de reporter la réunion à la semaine suivante.
Les verbes qui n'appellent rien du tout — c'est le piège le plus discret, parce qu'on ajoute une préposition par prudence :
Ce dossier concerne toute l'équipe, pas seulement le service juridique.
On ne dit ni « concerne à », ni « concerne de ». Même chose pour regarder, écouter, attendre, demander, aider (mais aider quelqu'un à faire quelque chose). Le verbe commande, et il commande seul.
Les noms et les adjectifs commandent aussi
La même logique s'applique en dehors du verbe, et on l'oublie souvent.
Les noms portent leur préposition : *le besoin **d'*un délai supplémentaire, une réponse à votre demande, le goût du risque, la peur de l'échec.
Les adjectifs aussi : prêt à partir, content de vous lire, capable de recommencer, attentif aux détails, responsable de l'organisation.
Un réflexe simple règle une bonne partie du problème : quand vous notez un mot nouveau, notez-le avec sa préposition et un exemple entier. « Besoin » ne sert à rien ; « avoir besoin de quelque chose » sert immédiatement.
Les cas secondaires : lieux, durées et contractions
Trois familles de cas reviennent constamment et suivent, elles, de vraies règles.
Les lieux. Devant un nom de ville, on emploie à : à Montréal, à Dakar, à Lyon. Devant un nom de pays, la préposition dépend du genre et du nombre : en France, en Belgique (féminin), au Sénégal, au Canada, au Portugal (masculin), aux Pays-Bas (pluriel). Pour la provenance, on emploie de : je viens de France, il revient du Maroc, elle arrive des Philippines.
Les durées. Depuis mesure une durée qui continue (j'habite ici depuis deux ans), pendant une durée close (j'ai travaillé là-bas pendant deux ans), il y a situe un point dans le passé, dans un point à venir (je pars dans deux jours) et en le temps nécessaire pour accomplir quelque chose (j'ai rédigé ce rapport en deux heures).
Les contractions. Elles ne sont pas facultatives : à + le donne au, à + les donne aux, de + le donne du, de + les donne des. Les formes « à le », « à les », « de le », « de les » n'existent tout simplement pas. En revanche, devant un nom féminin ou une voyelle, aucune contraction : à la gare, à l'entrée, de la ville, de l'école.
Les déterminants, en une lecture
Le déterminant répond à une question simple : de quoi parlez-vous exactement ?
- Défini (le, la, les) : la chose est identifiée, connue ou unique — le rapport que vous m'avez envoyé.
- Indéfini (un, une, des) : la chose est dénombrable mais non identifiée — un rapport, des collègues.
- Partitif (du, de la, de l') : une quantité indéterminée d'une chose qu'on ne compte pas — du courage, de la patience, de l'expérience.
Et la bascule qui fait chuter le plus de copies : après une négation de quantité, l'indéfini et le partitif deviennent « de ». J'ai du temps → je n'ai pas de temps. Il a des idées → *il n'a pas **d'*idées. L'article défini, lui, ne bouge pas : je n'aime pas le bruit.
Les 4 erreurs de prépositions en français les plus fréquentes
| # | ✗ À éviter | ✓ Correct | Ce qui se passe |
|---|---|---|---|
| 1 | Je m'intéresse pour la mécanique. | Je m'intéresse à la mécanique. | Préposition calquée sur une autre langue : le verbe impose à, quel que soit le sens visé. |
| 2 | Elle a répondu la lettre. | Elle a répondu à la lettre. | Préposition supprimée devant un complément : répondre appelle à, toujours. |
| 3 | Je reviens de le bureau. | Je reviens du bureau. | Contraction non faite : de + le n'existe pas sous cette forme. |
| 4 | Il n'a pas des idées. | Il n'a pas **d'**idées. | Déterminant maintenu après la négation, alors qu'il devient de. |
Ces quatre-là sont les plus coûteuses parce qu'elles sont visibles immédiatement. Un correcteur les repère à la première lecture, avant même d'évaluer vos idées : elles donnent l'impression d'une langue encore instable, ce qui plafonne une copie par ailleurs bien construite. C'est exactement ce que mesure l'épreuve de structure de la langue au TCF — dont le format est décrit sur la page officielle du TCF Tout public — et ce qui pèse aussi sur une production écrite, comme le montrent nos copies d'expression écrite annotées.
Mini-exercice : six phrases à compléter
Complétez chaque phrase, puis vérifiez. Écrivez vos réponses avant de lire le corrigé : c'est le fait de trancher, même en se trompant, qui fixe la règle.
- Nous avons besoin ______ un devis avant vendredi.
- Elle habite ______ Portugal depuis trois ans.
- Le directeur a promis ______ répondre avant lundi.
- Je n'achète jamais ______ pain le dimanche.
- Ce rapport parle ______ conséquences du retard.
- Il est parfaitement capable ______ recommencer seul.
Le corrigé, commenté
- d'un devis. Avoir besoin impose de ; devant la voyelle de un, de s'élide en d'. Le nom porte sa préposition au même titre qu'un verbe.
- au Portugal. Portugal est un nom de pays masculin : à + le se contracte en au. On dirait en Espagne (féminin) et aux Philippines (pluriel).
- de répondre. Promettre appelle de devant un infinitif. Aucun raisonnement ne permet de le deviner : c'est une propriété du verbe, à mémoriser avec lui.
- de pain. La négation ne… jamais transforme le partitif du en de. On part de j'achète du pain et l'on obtient je n'achète jamais de pain.
- des conséquences. Parler appelle de ; suivi de l'article les, il donne la contraction obligatoire des. « De les conséquences » n'existe pas.
- de recommencer. L'adjectif capable impose de. Comparez avec prêt à recommencer : deux adjectifs voisins, deux prépositions différentes, et rien dans le sens ne l'annonce.
Si vous avez manqué les items 1, 3 et 6, votre difficulté porte sur les prépositions imposées par le mot. Si ce sont les items 2, 4 et 5, elle porte sur les contractions et les déterminants. Ce sont deux chantiers distincts, et il vaut mieux les traiter l'un après l'autre.
Comment ancrer ces réflexes pour de bon
Trois habitudes suffisent, à condition de les tenir.
Notez les constructions, jamais les mots seuls. Une fiche qui dit « dépendre » ne vous servira à rien le jour où vous écrirez ; une fiche qui dit « cela dépend de la décision du comité » vous donne la préposition, le déterminant et un contexte d'emploi d'un seul coup. C'est le principe même des fiches de grammaire française.
Relisez une seule chose à la fois. À la fin d'une production écrite, faites une relecture dédiée aux seules prépositions et contractions. Chercher toutes les fautes en même temps revient à n'en voir aucune ; en chercher une seule sorte pendant deux minutes en révèle beaucoup.
Exposez-vous à la langue en continu. Les prépositions s'installent surtout par l'oreille : à force d'entendre « s'intéresser à », la forme fautive finit par sonner faux, ce qu'aucune liste n'obtient. Nos ressources d'écoute classées par niveau permettent de tenir ce travail sur la durée, et notre plan pour passer de B1 à B2 situe la grammaire dans une progression d'ensemble.
Testez vos prépositions sur de vraies questions
Le module Structure de la langue de ClickTCF enchaîne des séries courtes sur les prépositions, les déterminants et les accords, avec la correction et l'explication après chaque réponse. Vous voyez en quelques séries lesquelles de ces quatre erreurs sont réellement les vôtres — et vous les travaillez celles-là, pas les autres.
Questions fréquentes
- Comment savoir s'il faut « à » ou « de » après un verbe ?
- Il n'existe pas de règle générale fiable : la préposition est imposée par le verbe lui-même, comme le genre est imposé par le nom. On dit décider de, réussir à, s'intéresser à, se souvenir de. La seule méthode qui tient est de mémoriser chaque verbe avec sa préposition, jamais seul.
- Pourquoi dit-on « je n'ai pas de temps » et non « pas du temps » ?
- Après une négation portant sur une quantité, l'article partitif et l'article indéfini deviennent simplement « de ». On passe donc de « j'ai du temps » à « je n'ai pas de temps », et de « il a des idées » à « il n'a pas d'idées ». L'exception est la négation avec le verbe être.
- Quelles erreurs de prépositions coûtent le plus de points à l'écrit ?
- Trois surtout : la préposition calquée sur votre première langue, la contraction oubliée après « à » ou « de », et le déterminant maintenu après une négation. Elles sont visibles dès la première lecture d'une copie et donnent une impression de langue non stabilisée, même quand les idées sont bonnes.
ClickTCF est un service d'entraînement indépendant. ClickTCF n'est pas affilié à France Éducation international, qui conçoit et administre le TCF.